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Rumba de Dominique Abel, Fiona Gordon et Bruno Romy

Rumba de Dominique Abel, Fiona Gordon et Bruno Romy

Synopsys de ce film neoburlesque

Enseignants d’anglais et de gymnastique dans une école rurale, Fiona et Dom sont très amoureux et ont une passion commune pour la danse latine. Chaque week-end ils participent à des concours régionaux, leur maison est remplie de trophées. Un soir, sortis victorieux d’un énième tournoi, ils ont un accident en essayant d’éviter un grand moustachu planté au milieu de la route. Fiona perd une jambe et Dom la mémoire, ce qui va légèrement compliquer le quotidien …

Une délicate comédie signée à trois mains par Dominique Abel, Fiona Gordon et Bruno Romy

Le plus difficile pour aborder Rumba, c’est de ne pas commencer par empiler les références. Difficile parce que le film s’inscrit résolument dans une prestigieuse lignée qui va de Buster Keaton à Aki Kaurismaki en passant par Jerry Lewis et Jacques Tati.

Et oui quand même. Pourtant, il faut bien vous situer la chose puisque le brillant trio ne reste connu que d’une poignée d’admirateurs au franc sourire que je viens de rejoindre sur le champ. Et mon but, lecteurs chéris, c’est d’élargir leur audience, partager le plaisir du rire qui est le propre de l’homme au lieu de vous abandonner à la 187e rediffusion télévisée de Bienvenue chez les bronzés. De quoi ? Non, je ne me résous point à discourir de ce film avec trop de sérieux. J’ai essayé, je vous jure, mais je m’ennuie moi-même. Alors, vous, vous pensez bien…

rumba critique

La comédie, tout le monde vous le dira, c’est un genre difficile

Elle demande de l’imagination, un regard bien particulier sur les gens et les choses puis de la précision et de la rigueur pour le retranscrire, enclencher la mécanique subtile du gag et déclencher le rire comme un éclat à la face du ciel.

Vous voyez qu’on n’est pas là pour rigoler.

D’ailleurs, ça se voit très bien que l’on ne rigolait pas trop sur le tournage dans le documentaire consacré au film. Concentration, concentration.

La comédie doit donc faire rire, c’est entendu, mais il y a la manière. Personnellement, je ris facilement au cinéma. Pourtant, la lourde tendance actuelle des transfuges de la télévision et des coups de coudes parodiques au 18e degré m’afflige plutôt.

Alors je me réjouis lorsque je tombe sur un film qui sort du rang, construit ses situations, travaille ses gags et sait me parler le langage de l’humour drôle. Merci à Podalydès, Mouret, Hazanavicius, Peretjatko, Delepine/ Kervern et quelques autres. Je les cite pour rester entre français même si le trio de Rumba est plutôt international, Fiona Gordon étant canadienne et Dominique Abel belge. Et puis ils dansent la rumba, ce qui n’a rien à voir avec la bourrée auvergnate.

Rumba, c’est d’abord une histoire d’amour, celle d’un couple fusionnel

Ils sont enseignants dans la même école, bien loin de celle d’Isabelle Adjani en jupe ou de Laurent Cantet entre le murs. Il est prof de gym, elle d’anglais. Les enfants les adorent et les écoutent. Après le boulot, ils dansent la rumba (forcément) dans le gymnase puis rentrent dans leur pavillon douillet. Le week end, ils participent à des concours de danse. Ils se déplacent sur de petites routes de campagne filmées en transparence, comme dans les anciens films, et on y croise des tracteurs.

C’est là que le destin frappe en la personne d’un homme très malheureux et très maladroit. Comme il est très malheureux, il veut se suicider. Comme il est très maladroit il se rate mais envoie notre couple fusionnel dans le fossé. Si vous avez pris la peine de lire le synopsis, vous savez déjà qu’il perd la mémoire et qu’elle perd sa jambe. Monde de merde ! Le destin s’y entend pour séparer les couples fusionnels, la vache. Et des vaches, il y en a sur le bord de la route, comme quoi tout se tient.

rumba aCTRICE

Rumba, c’est une histoire de lutte

Celle de l’amour de cet homme et de cette femme contre les coups de ce coquin de sort. L’histoire de ces deux corps si harmonieux ensembles, et que le Monde (les objets, les éléments, les animaux, les autres gens) essaye de rendre étranger l’un à l’autre. Il ne le fait pas toujours méchamment, mais c’est ainsi. Pourtant, toujours, ces deux corps animés d’amour se relèvent, persistent et se battent. Un peu comme dans Rocky, si vous voulez, mais sans la boxe. Je rappelle que ça s’appelle Rumba, alors on y danse plutôt.

Par voie de conséquence, Rumba c’est une comédie musicale avec de vrais grands moments comme dans les films avec Fred Astaire et Ginger Rogers

Sur ce plan, le film est réjouissant. Les scènes sont chorégraphies avec précision, les plans sont larges et savent prendre le temps, savent être au service des danseurs et mettre en valeur leur grâce. Il y a de très belles idées comme le ballet qui joue dans le cadre avec les lignes dessinées du gymnase et une envolée finale de la caméra digne de Donen ou Minnelli, la danse sur la mer et surtout ce moment magique où notre couple est complètement abattu et où ce sont leurs ombres qui se détachent d’eux et se mettent à danser.

Les plus vigilants d’entre vous se souviendront d’une scène proche dans le second épisode de Il était une fois en Chine, la saga de Tsui Hark, et du ballet des ombres amoureuses de Jet Li et Rosamund Kwan. Et puis la bande musicale, pour ceux qui aiment la rumba, c’est certainement un délice.

rumba synopsys

Rumba est donc une belle comédie

Belle sur le fond comme sur la forme et comme la forme c’est le fond et réciproquement, vous m’avez compris. La photographie de Claire Childeric travaille les couleurs vives avec goût et une atmosphère de studio même pour les extérieurs.

Chaque séquence est mise en place avec précision et si les réalisateurs n’étaient pas belgo-franco-canadiens, nous pourrions parler d’horlogerie suisse. Il y a un jeu constant avec le cadre et le temps qui participent à leur façon à la mécanique des gags, révélant tel élément, dissimulant tel autre comme lors de la scène finale où les deux personnages sont très proches mais ne se voient pas, la mise en scène multipliant les inventions pour retarder le moment fatidique. Le son est de la partie, et pourquoi pas ? Traité de façon expressionniste, il accentue la présence des objets comme la béquille de Fiona lors de la scène cruelle (un peu) et hilarante où elle essaye de s’asseoir sans aide dans sa classe.

Bref, vous aurez compris à ces quelques exemples que notre trio de réalisateurs prend le cinéma très au sérieux. Et qu’il se débrouille vraiment très bien. Il manque peut être un petit quelque chose pour que le film atteigne à la perfection.

Si chaque séquence est traitée comme un morceau de bravoure, la progression de l’ensemble n’est pas aussi intense. Je chipote un peu, mais on ne retrouve pas cette force que possède la scène du restaurant dans Playtime de Tati, intégrée au film dans sa globalité. D’où une impression, légère mais réelle, de fractionnement, d’une certaine forme de retenue.

Que cela ne vous arrête pas pour autant, lecteurs chéris, Rumba est sans doute la meilleure comédie que vous puissiez voir actuellement. La douceur obstinée des visages de Dominique Abel et Fiona Gordon passe comme un vent frais sur nos regards ravagés par la crise. Une belle comédie, ça n’a pas de prix.

A propos de l'auteur

urmila

Bonjour, je m'appelle Urmila et j'ai créé ce blog pour vous partager tout un tas d'articles sur mes passions et occupations. J''adore écrire, voyager et me promener. Welcome sur travelblog.

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